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jeudi 21 septembre 2017

Pour Ginette Bellan



Ami, le croirais-tu, ma femme me délaisse,
Depuis quelques temps, elle a une maîtresse,
Belle, sensible, si fine, elle est délicatesse.
Que puis-je contre elle, c'est une Duchesse.

Fuseaux, carreaux, crochets envahissent la pièce,
Où chaque jour voit naître une nouvelle prouesse.
La dentelle avait déjà ses lettres de noblesses,
Avait-elle encore besoin d'une Duchesse ?

Matin, midi et soir ma femme n'a de cesse
Que de pouvoir rejoindre cette jolie prêtresse,
A laquelle elle prodigue amour, attention et caresses,
En lui donnant la vie, au gré des fils qu'elle tresse.

Heureusement, la nuit venue, je retrouve ma Princesse.
Je la cajole, auprès d'elle je m'empresse,
Afin que le mirage du jour s'éloigne et disparaisse,
Et que notre amour commun enfin brille et renaisse.

Alors ami, si un jour ta femme à la dentelle s'intéresse,
Offre-lui des vacances, fais-lui toutes les promesses.
Dis-lui que tu l'aimes, que rien ne presse,
Mais surtout ne la laisse pas approcher cette traîtresse.

J.M. MARCHAND

mardi 14 mars 2017

Reçu de Ginette Bellan






   Je vous offre avec l'an nouveau
        Trois pousses de sureau

        Je vous offre pour vos étrennes
        Trois petits poils de renne

        Pour arroser la vieille année
        Trois gouttes de rosée

        Pour honorer le bel an neuf
        Une coquille d'oeuf

        Avec mes souhaits très sincères
        Deux onces de mystère

        Et si vous n'êtes pas contents
        Contentez-vous d'un coup de vent ...

                                                       Jean-Louis Le Dizet, L'an nouveau
Un très beau M.A. réalisé au pochoir sur tissu, avec une décoction de feuilles de sumac, et impression de trois poèmes ...


Ci-dessus, celui de Jean-Louis Le Dizet !

Merci Ginette

 

Allez voir le site de Ginette, riche et bien fourni,  c'est ici


jeudi 8 septembre 2016

Pour Ginette Bellan


La Dentellière

De son voile frêle et joli la dentellière
coquette s' est parée , et son visage heureux
a mis sur la blancheur du tulle vaporeux
un chatoyant reflet d'aurore printanière .
Elle rit de plaisir , enfant naïve et fière ;
pour sa merveille elle a des regards amoureux
et ses petites mains lisses de doigts peureux
le réseau traversé par la blonde lumière .
Elle rit , mais songeant que l'oeuvre caressée
sera demain peut être incomprise et froissée
son front , anxieux soudain , s'incline tristement .
Car l'humble jeune fille a laissé dans la trame
ou s'enroule un feston irréel et charmant
le rêve de beauté qui visite son âme .

PAUL ROUSSOLES / 1903 .

samedi 3 septembre 2016

Reçu de Ginette Bellan


 Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
La foule les chante un peu distraite
En ignorant le nom de l'auteur
Sans savoir pour qui battait son coeur
Parfois on change un mot, une phrase
Et quand on est à court d'idées
On fait la la la la la la
La la la la la lé

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
Un jour, peut-être, bien après moi
Un jour on chantera
Cet air pour bercer un chagrin
Ou quelqu'heureux destin
Fera-t-il vivre un vieux mendiant
Ou dormir un enfant
Tournera-t-il au bord de l'eau
Au printemps sur un phono

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leur âme légère, c'est leurs chansons
Qui rendent gais, qui rendent tristes
Filles et garçons
Bourgeois, artistes
Ou vagabonds.


Paroles et musique : Charles Trénet

Merci Ginette pour ce très bel envoi, fond superbe, timbre assorti, qui met le grand Charles Trénet en lumière ....
Un appel de Ginette ici :

lundi 6 juin 2016

Pour Ginette Bellan



"...Peintre, fuis l'aquarelle
et fixe la couleur trop frêle
au four de l'émailleur...
Théophile Gautier

dimanche 29 mai 2016

Reçu de Ginette Bellan


Le petit cheval dans le mauvais temps,
qu’il avait donc du courage !
C’était un petit cheval blanc,
tous derrière et lui devant.
Il n’y avait jamais de beau temps
dans ce pauvre paysage.
Il n’y avait jamais de printemps,
ni derrière ni devant.
Mais toujours il était content,
menant les gars du village,
à travers la pluie noire des champs,
tous derrière et lui devant.
Sa voiture allait poursuivant
sa belle petite queue sauvage.
C’est alors qu’il était content,
eux derrière et lui devant.
Mais un jour, dans le mauvais temps,
un jour qu’il était si sage,
il est mort par un éclair blanc,
tous derrière et lui devant.
Il est mort sans voir le beau temps,
qu’il avait donc du courage !
Il est mort sans voir le printemps
ni derrière ni devant.

Paul Fort

Un superbe cheval un peu marbré, le poème de Paul fort (si bien mis en valeur par Brassens ) brodé sur un fond toilé jute, le timbre , un très bel étalon breton qui regarde la mer, mon tout, un admirable MA ...
Un grand merci Ginette ...

Allez voir le site de Ginette, riche et bien fourni, vous y verrez entre autres, une quarantaine de versions de ce cheval !!!!!!!!!! C'est ici :