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lundi 22 janvier 2018

Pour Gisèle Cribaillet




La girafe et la girouette,
Vent du sud et vent de l’est,
Tendent leur cou vers l’alouette,
Vent du nord et vent de l’ouest.
 Toutes deux vivent près du ciel,
Vent du sud et vent de l’est,
À la hauteur des hirondelles,
Vent du nord et vent de l’ouest.

Et l’hirondelle pirouette,
Vent du sud et vent de l’est,
En été sur les girouettes,
Vent du nord et vent de l’ouest.
 L’hirondelle, fait, des paraphes,
Vent du sud et vent de l’est,
Tout l’hiver autour des girafes,
Vent du nord et vent de l’ouest.


Robert Desnos

lundi 2 octobre 2017

Reçu de Gisèle Cribaillet



Dans l'ombre des arbres
mon ombre bouge
la lune d'hiver

Yamaguchi Soto

Merci Gisèle, encore une superbe enveloppe et un haïku bientôt de saison !

mercredi 5 avril 2017

vendredi 10 février 2017

Reçu de Gisèle Cribaillet






J'ai ma maison dans le vent sans mémoire,
J'ai mon savoir dans les livres du vent,
Comme la mer j'ai dans le vent ma gloire,
Comme le vent j'ai ma fin dans le vent.
    
                                                    

Lanza del Vasto        Le chiffre des choses


 Merci Gisèle

lundi 24 octobre 2016

Reçu de Gisèle Cribaillet


Sur l'éventail
Je mets le vent venant du mont Fuji.
Voilà le souvenir d'Edo.

Matsuo Basho 

Merci Gisèle pour ce bel haïku si bien illustré ...

mardi 4 octobre 2016

Pour Gisèle


L'univers, c'est un livre, et des yeux qui le lisent.

Ceux qui sont dans la nuit ont raison quand ils disent :
Rien n'existe ! Car c'est dans un rêve qu'ils sont.

Rien n'existe que lui, le flamboiement profond,
Et les âmes, les grains de lumière, les mythes,
Les moi mystérieux, atomes sans limites,
Qui vont vers le grand moi, leur centre et leur aimant ;
Points touchant au zénith par le rayonnement,
Ainsi qu'un vêtement subissant la matière,
Traversant tour à tour dans l'étendue entière
La formule de chair propre à chaque milieu,
Ici la sève, ici le sang, ici le feu ;
Blocs, arbres, griffes, dents, fronts pensants, auréoles ;
Retournant aux cercueils comme à des alvéoles ;
Mourant pour s'épurer, tombant pour s'élever,
Sans fin, ne se perdant que pour se retrouver,
Chaîne d'êtres qu'en haut l'échelle d'or réclame,
Vers l'éternel foyer volant de flamme en flamme,
Juste éclos du pervers, bon sorti du méchant,
Montant, montant, montant sans cesse, et le cherchant,
Et l'approchant toujours, mais sans jamais l'atteindre,
Lui, l'être qu'on ne peut toucher, ternir, éteindre,
Le voyant, le vivant, sans mort, sans nuit, sans mal,
L'idée énorme au fond de l'immense idéal !

La matière n'est pas et l'âme seule existe.

*

Rien n'est mort, rien n'est faux, rien n'est noir, rien n'est triste.
Personne n'est puni, personne n'est banni.
Tous les cercles qui sont dans le cercle infini
N'ont que de l'idéal dans leurs circonférences.

Astres, mondes, soleils, étoiles, apparences,
Masques d'ombre ou de feu, faces des visions,
Globes, humanités, terres, créations,
Univers où jamais on ne voit rien qui dorme,
Points d'intersection du nombre et de la forme,
Chocs de l'éclair puissance et du rayon beauté,
Rencontres de la vie avec l'éternité,
Ô fumée, écoutez ! Et vous, écoutez, âmes,
Qui seules resterez étant souffles et flammes,
Esprits purs qui mourez et naissez tour à tour :
Dieu n'a qu'un front : Lumière ! et n'a qu'un nom : Amour ! -

Victor Hugo

vendredi 16 septembre 2016

Reçu de Gisèle Cribaillet


Une plume,
De l’encre,
Du papier.

Mais si c’est encore trop demander,
Alors :

Rien que du sable
Et un doigt
De poésie
Pour le rêve.


Bernard Lorraine  Mon capital de rêves

 Merci Gisèle pour ce MA poétique ....

dimanche 22 mai 2016

Reçu de Gisèle Cribaillet


Non moins furtif que l'aube aventurière,
Non moins silencieux que le miroir,
Tu passes et je pense apercevoir
Sous la lune équivoque une panthère.
Par quelque obscur et souverain décret
Nous te cherchons. Nous voulons, fauve étrange
Plus lointain qu'un couchant ou que le Gange,
Forcer ta solitude et ton secret.
Ton dos veut bien prolonger ma caresse;
Il est écrit dans ton éternité
Que s'accordent à ta frileuse paresse
Ma main et son amour inquiété,
Ton temps échappe à la mesure humaine.
Clos comme un rêve est ton domaine.

Jose Luis Borgès    A un chat


No son màs silenciosos los espejos
ni màs furtiva el alba aventurera;
eres, bajo la luna, esa pantera
que nos es dado divisar de lejos.
Por obra indescifrable de un decreto
divino, te buscamos vanamente;
màs remoto que el Ganges y el poniente,
tuya es la soledad, tuyo el secreto.
Tu lomo condesciende a la morosa
caricia de mi mano. Has admitido,
desde esa eternidad que ya es olvido,
el amor de la mano recelosa.
En otro tiempo estàs. Eres el dueño
de un àmbito cerrado como un sueño.

Jorge Luis Borges   A un gato

Superbe, merci Gisèle ...

samedi 21 mai 2016

Pour Gisèle Cribaillet


Au commencement
les animaux furent imparfaits
longs de queue,
et tristes de tête.

Peu à peu ils évoluèrent

se firent paysage
s’attribuèrent mille choses,
grains de beauté, grâce, vol...
Le chat
seul le chat 
quand il apparut 
était complet, orgueilleux.
parfaitement fini dès la naissance
marchant seul
et sachant ce qu’il voulait.

L’homme se rêve poisson ou oiseau

le serpent voudrait avoir des ailes
le chien est un lion sans orientation
l’ingénieur désire être poète
la mouche étudie pour devenir hirondelle
le poète médite comment imiter la mouche
mais le chat
lui
ne veut qu’être chat
tout chat est chat
de la moustache à la queue
du frémissement à la souris vivante
du fond de la nuit à ses yeux d’or.

Il n’y a pas d’unité

comme lui ni lune ni fleur dans sa texture:
il est une chose en soi
comme le soleil ou la topaze
et la ligne élastique de son contour
ferme et subtil
est comme la ligne de proue d’un navire.
Ses yeux jaunes
laissent une fente
où jeter la monnaie de la nuit.

Ô petit empereur

sans univers
conquistador sans patrie
minuscule tigre de salon,
nuptial sultan du ciel
des tuiles érotiques
tu réclames le vent de l’amour
dans l’intempérie
quand tu passes
tu poses quatre pieds délicats
sur le sol
reniflant 
te méfiant de tout ce qui est terrestre
car tout est immonde
pour le pied immaculé du chat.


Oh fauve altier de la maison,

arrogant vestige de la nuit
paresseux, gymnaste, étranger 
chat
profondissime chat
police secrète de la maison
insigne d’un velours disparu
évidemment 
il n’y a aucune énigme 
en toi:
peut-être que tu n’es pas mystérieux du tout
qu’on te connaît bien
et que tu appartiens à la caste la moins mystérieuse peut-être qu’on se croit 
maîtres, propriétaires, 
oncles de chats,
compagnons, collègues
disciples ou ami
de son chat.

Moi non.

Je ne souscris pas.
Je ne connais pas le chat.
J’ai sais tout de la vie et de son archipel
la mer et la ville incalculable
la botanique 
la luxure des gynécées
le plus et le moins des mathématiques
le monde englouti des volcans
l’écorce irréelle du crocodile
la bonté ignorée du pompier
l’atavisme bleu du sacerdoce
mais je ne peux déchiffrer un chat.

Ma raison glisse sur son indifférence

ses yeux sont en chiffres d’or.
 
Pablo Neruda   Ode au chat

lundi 4 avril 2016

Reçu de Gisèle Cribaillet











Trois allumettes une à une allumées dans la nuit


La première pour voir ton visage tout entier

La seconde pour voir tes yeux

La dernière pour voir ta bouche

Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela

En te serrant dans mes bras

Jacques Prévert


Merci Gisèle pour ce joli poème si bien illustré ...


dimanche 3 avril 2016

Pour Gisèle Cribaillet




Un chien bleu
Avec des poils gris.
Un chat gris,
Avec des yeux bleus.
Un mur blanc et chaud.
Le chat dessus, le chien dessous.
Et un oiseau s’amusant bien
Tout là-haut. Tout là-haut.
Ciel bleu. Terre grise.
Pour les vivants, point de surprise.
Le monde sera toujours ce qu’il est,
Comme le chien et comme le chat,
Comme l’autruche et le chameau,
Comme l’aube et le crépuscule
Et comme le rêve de ce bel été
Qui recule

Edmond Jabès  Ciel et terre

lundi 29 février 2016

samedi 20 février 2016

Pour Gisèle Cribaillet


Les Chats

" Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires
Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.
Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin;
Leurs reins féconds sont plein d'étincelles magiques
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques."

Baudelaire   Les fleurs du mal

jeudi 18 février 2016

Reçu de Gisèle Cribaillet


Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.

Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

Paul Verlaine  Sagesse III,VI

Merci Giséle pour ce magnifique poème de Verlaine, avec ce fac-similé du même.

mercredi 27 janvier 2016

Pour Gisèle Cribaillet


Pour Gisèle, une fleur en tissu ramenée de Thaïlande

" Ces têtes-là de fleurs dansantes
exposent délicatement
toute leur gloire.
Quelle simplicité à se perdre.
Et quelle aisance à respirer
doucement.
Et quelle aisance
à avoir des pensées profondes."

Chloe Douglas

dimanche 17 janvier 2016

Reçu de Gisèle Cribaillet


Faisant de la quiétude
mon seul compagnon
solitude hivernale

Teiga

et à l'intérieur 


Merci Gisèle pour ce Petit moment de calme très poétique ...

vendredi 8 janvier 2016

Reçu de Gisèle Cribaillet

" Si je pouvais t'offrir le bleu secret du ciel,
Brodé de lumière d'or et de reflets d'argent,
Le mystérieux secret, le secret éternel,
De la nuit et du jour, de la vie et du temps,
Avec tout mon amour je le mettrais à tes pieds.
Mais tu sais, je suis pauvre, et je n'ai que mes rêves,
J'ai déposé mes rêves sous tes pieds,
Marche doucement, car tu marches sur mes rêves. "

W.B. Yeats
Lui qui aurait voulu pouvoir offrir le ciel
Encore un magnifique envoi,  merci Gisèle.

mercredi 6 janvier 2016

Pour Gisèle Cribaillet



" Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum
Nagent autour de son corps brun."

Chaarles Baudelaire    Le chat

jeudi 19 novembre 2015

Reçu de Gisele Cribaillet


 Le voleur à tout emporté
sauf la lune
qui était à ma fenêtre

Ryokan

Une belle mise en page pour ce haïku de Ryokan, 
merci beaucoup Gisèle