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lundi 18 avril 2016

Pour Nadine Niemelä


Les jardins suspendus de Babylone
 
" Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.

Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.

Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
– Grêle, parmi l’odeur fade du réséda."

Paul Verlaine     Poèmes saturniens

jeudi 7 avril 2016

Reçu de Nadine Niemelä








Si tu n'as pas le courage de faire encore un pas, de relever la tête,
Si tu succombes, désemparé, sous le poids de la grisaille,
Réjouis toi, alors, et remercie les petites choses aimables, réconfortantes, enfantines,
Tu as une pomme dans la poche,
Un livre de contes qui t'attend chez toi,
De toutes petites choses que tu dédaignais à l'époque ou ta vie rayonnait,
Devenues doux soutien aux heures mortes.

Karin Boye ( suède 1900-1941 ) Nuages

Merci Nadine pour cette poésie suedoise, et ce rappel ...

Les appels de Nadine sont les suivants :
Paris New York
Les quatre saisons 
Les jardins du monde

jeudi 24 mars 2016

Pour Nadine Niemelä


Le temps passe
Nos jours se remplissent
De choses légères
Et de tout ce qui est si important
Libre de penser comme on veut
On finit par ne penser que comme on peut
Comme un flocon de neige
Qui tremble dans l’air
La chute est lente
Le vent déroute
Mais le chemin reste
Inexorable

Jules Delavigne  Conclusions

lundi 7 mars 2016

Reçu de Nadine Niemelä

Cliquer sur l'image pour lire le poéme

Et voici un autre poème de cette poétesse que m'a fait découvrir Nadine :

Jours malades

Mon cœur est gardé à l'étroit dans une mince crevasse,
mon cœur est au loin
dans une île perdue.
Des oiseaux blancs font la navette,
ils m'apportent le message que mon cœur est en vie.
Je sais - comme il vit de charbon et de sable
sur des pierres tranchantes.
Je reste couchée tout le jour et j'attends la nuit,
je reste couchée toute la nuit et j'attends le jour,
je reste couchée, malade, au jardin du paradis.
Je sais que je ne guérirai pas,
désir et langueur n'en finissent jamais.
J'ai la fièvre comme une fleur des marais,
ma sueur est sucrée comme une plante poisseuse.
En bas, tout au fond de mon jardin, un lac somnole.
Moi, qui aime la terre,
je ne connais rien de mieux que l'eau.
Dans l'eau s'échouent toutes mes pensées
que personne n'a vues, mes pensées que je n'ose montrer à personne.
L'eau grouille de secrets !


Édith Södergran (Traduction Carl Gustav Bjurström et Lucie Albertini, éditions Orphée La Différence)

Merci Nadine pour les mots de Édith Södergran.

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