dimanche 13 novembre 2016

Break





Blog en sommeil pour sept semaines


Reprise 05/01/2017


Bonnes fêtes de fin d'année
 



Blog comes to rest for seven weeks


Will be back on 05/01/2017
 
Happy Christmas

vendredi 11 novembre 2016

Reçu de Yvette de Andres





Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle.

Lors, vous n’aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de mon nom ne s’aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serai sous la terre et fantôme sans os :
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos :
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie.

Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène
Merci Lutin pour ce joli poème de Pierre de Ronsard, et pour cette mise en page abondamment fleurie ....

jeudi 10 novembre 2016

Reçu de Nadine Deppierraz






A l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le noir
Un très beau soir d'automne

Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées

Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l'oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.


Jacques Prévert  Paroles

mercredi 9 novembre 2016

Reçu de Miss Yves



« J ’ai tous mes sujets sous la main.
Je vais les voir. Je prends des notes.
Et puis je rentre chez moi.
Et avant de peindre, je réfléchis, je rêve. »
« Il ne s ‘agit pas de peindre la vie, il s’agit de rendre vivante la peinture. »

Pierre Bonnard
Un paysage aléatoire, un ticket d'entrée du musée Bonnard, quelques citations du même, mon tout :
Un superbe mail art de Miss Yves ! Merci à toi ...

Marcelle à plusieurs blogs, en allant sur 




 vous aurez accès à tout ....

lundi 7 novembre 2016

Reçu de Piggy




Le chat somnole
derrière ses yeux clos
les souris voyagent

Henri Brunel

Un chat tampon, des petite souris vigilantes, mais qui n'ont pas à trop s’inquiéter, elles sont seulement dans le rêve du chat ...
Belle illustration d'un bel haïku plein d'humour, d'un auteur zen, qui écrit outre des haïkus des contes zen ....
Merci Piggy  ...

samedi 5 novembre 2016

Reçu de Adriane Leal





Si tu pie se desvía de nuevo,
será cortado.

Si tu mano te lleva
a otro camino
se caerá podrida.

Si me apartas de tu vida
morirás
aunque vivas.

Seguirás muerta o sombra,
andando sin mí por la tierra.

Pablo Neruda  El Desvio

Un superbe mail art, et un poète formidable ( lire et relire " la centaine d'amour "), avec sa traduction en plus ....
Merci Adriane


vendredi 4 novembre 2016

Pour Laurence Rocher




Eh bien, tous ces marins- matelots, capitaines,

Dans leur grand Océan à jamais engloutis…

Partis insoucieux pour leurs courses lointaines,

Sont morts- absolument comme ils étaient partis.

 

Allons ! c’est leur métier ; ils sont morts dans leurs bottes !

Leur boujaron au cœur, tout vifs dans leurs capotes…

- Morts… Merci : la Camarde a pas le pied marin ;

 

- Eux, allons donc : Entiers ! enlevés par la lame,

Ou perdus dans un grain…

 

Un grain… est-ce la mort, ça ? La basse voilure

Battant à travers l’eau ! Ca se dit encombrer

Un coup de mer plombé, puis la haute mâture

Fouettant les flots ras- et ça se dit sombrer.

 

- Sombrer. Sondez ce mot. Votre mort est bien pâle…

- Et pas grand chose à bord, sous la lourde rafale…

Pas grand chose devant le grand sourire amer

Du matelot qui lutte. – Allons donc, de la place ! –

Vieux fantôme éventé, la Mort change de face :

La Mer ! …

 

Noyés ?- Eh ! allons donc ! les noyés sont d’eau douce !

- Coulés ! corps et biens ! Et jusqu’au petit mousse,

Le défi dans les yeux, dans les dents le juron !

A l’écume crachant une chique râlée,

Buvant sans haut-le-cœur la grand’tasse salée

- Comme ils ont bu leur boujaron,-

 

Pas de fond de six pieds, ni rats de cimetière :

Eux, ils vont aux requins ! L’âme d’un matelot,

Au lieu de suinter dans vos pommes de terre,

Respire à chaque flot.

 

- Ecoutez, écoutez la tourmente qui beugle !…

C’est leur anniversaire. – Il revient bien souvent. –

O poète, gardez pour vous vos chants d’aveugle ;

- Eux : le De Profundis que vous corne le vent.

 

- Qu’ils roulent infinis dans les espaces vierges !…

Qu’ils roulent verts et nus,

Sans clous et sans sapin, sans couvercle, sans cierges…

- Laissez-les donc rouler, terriers parvenus !

Tristan Corbière    La Fin 

Pour Pascale Championnet


La femme et son poisson

La vierge et son grillon le lustre et son écume
La bouche et sa couleur la voix et sa couronne.

Man Ray

jeudi 3 novembre 2016

Pour Helga Correa


L'écriture c'est un ange. Un sourire qui cherche la sortie.

Christian Bobin   La grande vie

Pour Dani



La lumière bleue, bleu de tes yeux
Bleu de la mer, bleu de la terre
Bleu du bonheur des jours heureux
Bleu dans mon cœur, bleu de misère

Bleu de la vie, bleu de la nuit
Le bleu du ciel, des étincelles
Un bleu qui vient sans faire de bruit
Bleu de la joie, des ritournelles

Bleu dans mes mains pour un chagrin
Un bleu du roi dans un carrosse
Bleu des espoirs, bleu du matin
Bleu du jupon de Carabosse

Et des flots bleus à l’horizon
Bleu du lilas, de la violette
Une peur bleue pour un frisson
Un bleu lavande, une bluette

Vincent dit Anacreodes

mercredi 2 novembre 2016

Pour Isabelle Obriot



Sous les ifs noirs qui les abritent,
Les hiboux se tiennent rangés,
Ainsi que des dieux étrangers,
Dardant leur oeil rouge. Ils méditent !

Sans remuer, ils se tiendront
Jusqu’à l’heure mélancolique
Où poussant le soleil oblique,
Les ténèbres s’établiront.

Leur attitude au sage enseigne,
Qu’il faut en ce monde qu’il craigne :
Le tumulte et le mouvement.

L’homme ivre d’une ombre qui passe
Porte toujours le châtiment
D’avoir voulu changer de place.

Charles Baudelaire, Les hiboux Les Fleurs du mal

Pour Piggy



"Oh combien je préfère à ce caquet si vain, tout le soir, du silence, - un silence sans fin ;
être assis sans penser, sans désir, sans mémoire......" 


Sainte Beuve

mardi 1 novembre 2016

Pour Nadine Deppierraz



Tandis que les crachats rouges de la mitraille
Sifflent tout le jour par l’infini du ciel bleu ;
Qu’écarlates ou verts, près du Roi qui les raille,
Croulent les bataillons en masse dans le feu ;

Tandis qu’une folie épouvantable broie
Et fait de cent milliers d’hommes un tas fumant ;
– Pauvres morts ! dans l’été, dans l’herbe, dans ta joie,
Nature ! ô toi qui fis ces hommes saintement !…

– Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées
Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or ;
Qui dans le bercement des hosannah s’endort,

Et se réveille, quand des mères, ramassées
Dans l’angoisse, et pleurant sous leur vieux bonnet noir,
Lui donnent un gros sou lié dans leur mouchoir !

Arthur Rimbaud   Le mal

Pour Maryse Moussaron




Le couchant dardait ses rayons suprêmes
Et le vent berçait les nénuphars blêmes ;
Les grands nénuphars entre les roseaux
Tristement luisaient sur les calmes eaux.
Moi j'errais tout seul, promenant ma plaie
Au long de l'étang, parmi la saulaie
Où la brume vague évoquait un grand
Fantôme laiteux se désespérant
Et pleurant avec la voix des sarcelles
Qui se rappelaient en battant des ailes
Parmi la saulaie où j'errais tout seul
Promenant ma plaie ; et l'épais linceul
Des ténèbres vint noyer les suprêmes
Rayons du couchant dans ses ondes blêmes
Et les nénuphars, parmi les roseaux,
Les grands nénuphars sur les calmes eaux.

Verlaine  Promenade sentimentale

lundi 31 octobre 2016

Pour Pascale Championnet




Quand nul ne la regarde
  La mer n’est plus la mer,
Elle est ce que nous sommes
  Lorsque nul ne nous voit.
 
  Elle a d’autres  poissons,
  D’autres vagues aussi.
 
  C’est la mer pour la mer
  Et pour ceux qui en rêvent
  Comme je fais ici.
 
  Si nul ne pense à moi
  Je cesse d'exister.


Jules Supervielle       la mer secrète

Le poisson rêve d'été, de fêtes, de vacances ....

Pour Nanou Pradel


Comme les fleurs, les visites agréables nous laissent de merveilleux parfums.
Anne Barratin

samedi 29 octobre 2016

Pour Elena Signori


Oh ! de l'air ! des parfums ! des fleurs pour me nourrir !
Il semble que les fleurs alimentent ma vie ;
Mais elles vont mourir.... Ah ! je leur porte envie :
Mourir jeune, au soleil, Dieu ! que c'est bien mourir !

Pour éteindre une fleur il faut moins qu'un orage :
Moi, je sais qu'une larme effeuille le bonheur.
À la fleur qu'on va fuir qu'importé un long courage ?
Heureuse, elle succombe à son premier malheur !

Roseaux moins fortunés, les vents, dans leur furie,
Vous outragent longtemps sans briser votre sort ;
Ainsi, roseau qui marche en sa gloire flétrie,
L'homme achète longtemps le bienfait de la mort !

Et moi, je veux des fleurs pour appuyer ma vie ;
A leurs frêles parfums j'ai de quoi me nourrir :
Mais elles vont mourir.... Ah ! je leur porte envie ;
Mourir jeune, au soleil, Dieu ! que c'est bien mourir !

Marceline Desbordes-Valmore    Les fleurs

Pour Thérèse Waryn


Ce ne sont pas des mains d'altesse,
De beau prélat quelque peu saint,
Pourtant une délicatesse
Y laisse son galbe succinct. 

Ce ne sont pas des mains d'artiste,
De poète proprement dit,
Mais quelque chose comme triste
En fait comme un groupe en petit ;

Car les mains ont leur caractère,
C'est tout un monde en mouvement
Où le pouce et l'auriculaire
Donnent les pôles de l'aimant

Les météores de la tête
Comme les tempêtes du cœur,
Tout s'y répète et s'y reflète
Par un don logique et vainqueur. 

Ce ne sont pas non plus les palmes
D'un rural ou d'un faubourien ;
Encor leurs grandes lignes calmes
Disent «Travail qui ne doit rien ».

Elles sont maigres, longues, grises,
Phalange large, ongle carré.
Tels en ont aux vitraux d'églises
Les saints sous le rinceau doré, 

Ou tels quelques vieux militaires
Déshabitués des combats
Se rappellent leurs longues guerres
Qu'ils narrent entre haut et bas.

Ce soir elles ont, ces mains sèches,
Sous leurs rares poils hérissés,
Des airs spécialement rêches,
Comme en proie à d'âpres pensers.

Le noir souci qui les agace,
Leur quasi-songe aigre les font
Faire une sinistre grimace
A leur façon, mains qu'elles sont.

J'ai peur à les voir sur la table
Préméditer là, sous mes yeux,
Quelque chose de redoutable,
D'inflexible et de furieux.

La main droite est bien à ma droite,
L'autre à ma gauche, je suis seul.
Les linges dans la chambre étroite
Prennent des aspects de linceul,

Dehors le vent hurle sans trêve,
Le soir descend insidieux...
Ah ! si ce sont des mains de rêve,
Tant mieux, - ou tant pis, - ou tant mieux. 


Paul Verlaine Mains

vendredi 28 octobre 2016

Pour Maho


Tout était écrit, tout était lisible là, sur cette peau
comme sur la peau du monde.

JMG Le Clezio    Terra Amata

Pour Nanou Pradel




Lecteur, as-tu quelquefois respiré
Avec ivresse et lente gourmandise
Ce grain d'encens qui remplit une église,
Ou d'un sachet le musc invétéré ?

Charme profond, magique, dont nous grise
Dans le présent le passé restauré !
Ainsi l'amant sur un corps adoré
Du souvenir cueille la fleur exquise.

De ses cheveux élastiques et lourds,
Vivant sachet, encensoir de l'alcôve,
Une senteur montait, sauvage et fauve,

Et des habits, mousseline ou velours,
Tout imprégnés de sa jeunesse pure,
Se dégageait un parfum de fourrure.

Charles Baudelaire    Le Parfum

jeudi 27 octobre 2016

Pour France Picy



Ses vieux os le torturent depuis des millénaires
Mais il n'est bien que là-haut,
loin des sombres terres,Seul à tournoyer  dans des mouvements
fluides et rapides,dans le ciel bleu
d'azur limpide.

Dominique Sagne

Pour Melissa


Une grue s'estompe
dans le crépuscule et
traine ses ailes comme de la fumée

Sumitaku    Kenshin

mercredi 26 octobre 2016

Pour Corinne Parchantour


Quand j'aurai cent ans, je tracerai une ligne et ce sera la vie ...

Hokusaï

Pour Emmanuelle Villebrun


Chaque matin, au saut du perchoir, le coq regarde si l’autre est toujours là, – et l’autre y est toujours.
Le coq peut se vanter d’avoir battu tous ses rivaux de la terre, – mais l’autre, c’est le rival invincible, hors d’atteinte.
Le coq jette cris sur cris : il appelle, il provoque, il menace, – mais l’autre ne répond qu’à ses heures, et d’abord il ne répond pas.
Le coq fait le beau, gonfle ses plumes, qui ne sont pas mal, celles-ci bleues, et celles-là argentées, – mais l’autre, en plein azur, est éblouissant d’or.
Le coq rassemble ses poules, et marche à leur tête.
Voyez : elles sont à lui ; toutes l’aiment et toutes le craignent, – mais l’autre est adoré des hirondelles.
...
Jules Renard    Le coq

mardi 25 octobre 2016

Pour Adriane Leal


Le vert colibri, le roi des collines,
Voyant la rosée et le soleil clair
Luire dans son nid tissé d'herbes fines,
Comme un frais rayon s'échappe dans l'air.

Il se hâte et vole aux sources voisines
Où les bambous font le bruit de la mer,
Où l'açoka rouge, aux odeurs divines,
S'ouvre et porte au cœur un humide éclair.

Vers la fleur dorée il descend, se pose,
Et boit tant d'amour dans la coupe rose,
Qu'il meurt, ne sachant s'il l'a pu tarir.

Sur ta lèvre pure, ô ma bien-aimée,
Telle aussi mon âme eût voulu mourir
Du premier baiser qui l'a parfumée !

Charles Marie Leconte de Lisle

Pour Pascale


Licorne est dormeuse
et pucelle
et son antre
s’éveille doucement à l’appel des tourmentes.
Était-ce elle, si belle, en ces couches nocturnes,
pudique et réfléchie dans les eaux du sommeil?
Délicats, ses naseaux caressaient les fenêtres
avec de l’oeil de lune dans des rameaux d’argent
et le jardin poussait ses tiges les plus crues
et elle ouvrait son oeil de douce agnelle d’ambre
sur un buisson de rose alerté par les treilles.
La nuit porte sa candeur jusqu’aux naissances des feuilles
dans la douceur des bruits d’abeilles et le vin vivant qu’elle effleure.
Licorne, mordeuse profonde,
tu mastiques dans l’ivoire,
lisse et tournante dans l’espace –
et le temps plane sur ta peau,
presseuse immense du troupeau.

 Jacques Renaud  La licorne, poème venu d'une blancheur médiévale

lundi 24 octobre 2016

Reçu de Gisèle Cribaillet


Sur l'éventail
Je mets le vent venant du mont Fuji.
Voilà le souvenir d'Edo.

Matsuo Basho 

Merci Gisèle pour ce bel haïku si bien illustré ...

Reçu de Jeanne Marie Roch



Pour un art poétique

Prenez un mot, prenez en deux
faites cuire comme des oeufs
prenez un petit bout de sens
puis un grand morceau d’innocence
faites chauffer à petit feu
au petit feu de la technique
versez la sauce énigmatique
saupoudrez de quelques étoiles
poivrez et puis mettez les voiles
Où voulez-vous donc en venir ?
A écrire
Vraiment ? à écrire ?

Raymond Queneau

Dans la série  " Aquarelle " de Jeanne Marie voici la Poésie ..... Merci à toi !

samedi 22 octobre 2016

Reçu de Kerly


U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;

 A. Rimbaud      Voyelles

Reçu de Kerly


O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -

  A. Rimbaud      Voyelles

vendredi 21 octobre 2016

jeudi 20 octobre 2016

Reçu de Kerly



A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d'ombre

 A. Rimbaud      Voyelles

Reçu de Kerly


A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
...
Arthur Rimbaud

Un nouvelle série sur " Voyelles " de Rimbaud ...

mercredi 19 octobre 2016

Reçu de Isabelle Obriot



Un buffle se repose dans la rizière
 l'oiseau chante !
L'homme arrive, attelle le buffle. Ils se mettent au travail
 l'oiseau chante !
Le temps passe, le riz pousse, le buffle et l'homme patientent
 l'oiseau chante !
Le riz est mûr. L'homme et le buffle se mettent au travail
 l'oiseau chante !
Quand le riz est récolté, l'oiseau arrive et commence à picorer.
L'homme chasse l'oiseau :" Va-t-en toi qui n'a fait que chanter quand le buffle et moi avons tant travaillé !"
Mais le buffle protège l'oiseau car : " Par son chant, il a allégé notre peine et facilité notre travail,
il mérite donc lui aussi sa part de riz !"

D'après le conte " Le buffle et l'oiseau " de Catherine Zarcate

Un mail art comme je les aime de Isabelle, carton, pages de vieux dictionnaire, feutrines de couleur, avec un joli conte, texte totalement inconnu pour moi ....
Merci Isabelle .

Reçu de Simon Warren


Cliquer sur l'image pour agrandir
 
Thanks Simon

mardi 18 octobre 2016

Reçu de Marcos Souto






Ó Formas alvas, brancas, Formas claras
De luares, de neves, de neblinas!
Ó Formas vagas, fluidas, cristalinas...
Incensos dos turíbulos das aras

Formas do Amor, constelarmante puras,
De Virgens e de Santas vaporosas...
Brilhos errantes, mádidas frescuras
E dolências de lírios e de rosas ...

Indefiníveis músicas supremas,
Harmonias da Cor e do Perfume...
Horas do Ocaso, trêmulas, extremas,
Réquiem do Sol que a Dor da Luz resume...

Visões, salmos e cânticos serenos,
Surdinas de órgãos flébeis, soluçantes...
Dormências de volúpicos venenos
Sutis e suaves, mórbidos, radiantes...

Infinitos espíritos dispersos,
Inefáveis, edênicos, aéreos,
Fecundai o Mistério destes versos
Com a chama ideal de todos os mistérios.

Do Sonho as mais azuis diafaneidades
Que fuljam, que na Estrofe se levantem
E as emoções, todas as castidades
Da alma do Verso, pelos versos cantem.

Que o pólen de ouro dos mais finos astros
Fecunde e inflame a rima clara e ardente...
Que brilhe a correção dos alabastros
Sonoramente, luminosamente.

Forças originais, essência, graça
De carnes de mulher, delicadezas...
Todo esse eflúvio que por ondas passa
Do Éter nas róseas e áureas correntezas...

Cristais diluídos de clarões alacres,
Desejos, vibrações, ânsias, alentos
Fulvas vitórias, triunfamentos acres,
Os mais estranhos estremecimentos...

Flores negras do tédio e flores vagas
De amores vãos, tantálicos, doentios...
Fundas vermelhidões de velhas chagas
Em sangue, abertas, escorrendo em rios...

Tudo! vivo e nervoso e quente e forte,
Nos turbilhões quiméricos do Sonho,
Passe, cantando, ante o perfil medonho
E o tropel cabalístico da Morte...


Cruz e Souza    Antifona 

Thanks Marcos for Poetry and Visual Poetry

Reçu de Adriane















 Le bonheur
Avec la chance
D'être en pleine sève
Le bonheur est un arôme
Volatil qui vous
Embrasse longuement

Claude Lafosse

Une enveloppe "maison", très originale, fermée par un brin de laine tressé, et cette citation de Claude Lafosse ...
A l'intérieur, six superbes ATC

 Merci  Adriane pour ce petit trésor de créativité ...


lundi 17 octobre 2016

Reçu de France Picy







Souvenir vibrant
du violon triste le soir
vestige d'une valse

France Picy


Poème d'origine


Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !


Baudelaire Harmonie du soir


 Encore un poème fondu, j'adore
 Merci France

Reçu de Nadine Deppierraz




A l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le noir
Un très beau soir d'automne
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées

Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le coeur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l'oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été
Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

Jacques Prévert 

Un grand merci Nadine pour ce bel envoi, et pour le mot qui l'accompagne ...