lundi 23 mai 2016

dimanche 22 mai 2016

Reçu de Gisèle Cribaillet


Non moins furtif que l'aube aventurière,
Non moins silencieux que le miroir,
Tu passes et je pense apercevoir
Sous la lune équivoque une panthère.
Par quelque obscur et souverain décret
Nous te cherchons. Nous voulons, fauve étrange
Plus lointain qu'un couchant ou que le Gange,
Forcer ta solitude et ton secret.
Ton dos veut bien prolonger ma caresse;
Il est écrit dans ton éternité
Que s'accordent à ta frileuse paresse
Ma main et son amour inquiété,
Ton temps échappe à la mesure humaine.
Clos comme un rêve est ton domaine.

Jose Luis Borgès    A un chat


No son màs silenciosos los espejos
ni màs furtiva el alba aventurera;
eres, bajo la luna, esa pantera
que nos es dado divisar de lejos.
Por obra indescifrable de un decreto
divino, te buscamos vanamente;
màs remoto que el Ganges y el poniente,
tuya es la soledad, tuyo el secreto.
Tu lomo condesciende a la morosa
caricia de mi mano. Has admitido,
desde esa eternidad que ya es olvido,
el amor de la mano recelosa.
En otro tiempo estàs. Eres el dueño
de un àmbito cerrado como un sueño.

Jorge Luis Borges   A un gato

Superbe, merci Gisèle ...

Reçu de Jennifer Weigel



Thanks Jennifer ...

Plus d'infos sur son travail sur : Jennifer Weigel Fine Art

Reçu de Ronan Le Thomas



cliquer sur l'image pour agrandir

Merci Ronan pour cette belle participation ...

samedi 21 mai 2016

Reçu de Nicole Eippers



Un oiseau s'en va
le ciel et les nuages
printemps lumineux

Nicole Eippers

Un bel haïku printanier, sur une délicate mise en page, Piggy à tous les talents ...
Un grand merci à toi.

Voir ses cochons ici





L'appel de Nicole : 



APPEL A MAIL ART
LE COCHON DANS TOUS SES ETATS
Comment le voyez-vous ?
Beau ? Glouton ? Sale ? .....
Que vous inspire-t'il ?

PAS DE DATE LIMITE
Réponse sur votre thème

Adresse : Nicole EIPPERS
28 rue de Hodebierge
B 1370 MELIN
BELGIQUE

Pour Gisèle Cribaillet


Au commencement
les animaux furent imparfaits
longs de queue,
et tristes de tête.

Peu à peu ils évoluèrent

se firent paysage
s’attribuèrent mille choses,
grains de beauté, grâce, vol...
Le chat
seul le chat 
quand il apparut 
était complet, orgueilleux.
parfaitement fini dès la naissance
marchant seul
et sachant ce qu’il voulait.

L’homme se rêve poisson ou oiseau

le serpent voudrait avoir des ailes
le chien est un lion sans orientation
l’ingénieur désire être poète
la mouche étudie pour devenir hirondelle
le poète médite comment imiter la mouche
mais le chat
lui
ne veut qu’être chat
tout chat est chat
de la moustache à la queue
du frémissement à la souris vivante
du fond de la nuit à ses yeux d’or.

Il n’y a pas d’unité

comme lui ni lune ni fleur dans sa texture:
il est une chose en soi
comme le soleil ou la topaze
et la ligne élastique de son contour
ferme et subtil
est comme la ligne de proue d’un navire.
Ses yeux jaunes
laissent une fente
où jeter la monnaie de la nuit.

Ô petit empereur

sans univers
conquistador sans patrie
minuscule tigre de salon,
nuptial sultan du ciel
des tuiles érotiques
tu réclames le vent de l’amour
dans l’intempérie
quand tu passes
tu poses quatre pieds délicats
sur le sol
reniflant 
te méfiant de tout ce qui est terrestre
car tout est immonde
pour le pied immaculé du chat.


Oh fauve altier de la maison,

arrogant vestige de la nuit
paresseux, gymnaste, étranger 
chat
profondissime chat
police secrète de la maison
insigne d’un velours disparu
évidemment 
il n’y a aucune énigme 
en toi:
peut-être que tu n’es pas mystérieux du tout
qu’on te connaît bien
et que tu appartiens à la caste la moins mystérieuse peut-être qu’on se croit 
maîtres, propriétaires, 
oncles de chats,
compagnons, collègues
disciples ou ami
de son chat.

Moi non.

Je ne souscris pas.
Je ne connais pas le chat.
J’ai sais tout de la vie et de son archipel
la mer et la ville incalculable
la botanique 
la luxure des gynécées
le plus et le moins des mathématiques
le monde englouti des volcans
l’écorce irréelle du crocodile
la bonté ignorée du pompier
l’atavisme bleu du sacerdoce
mais je ne peux déchiffrer un chat.

Ma raison glisse sur son indifférence

ses yeux sont en chiffres d’or.
 
Pablo Neruda   Ode au chat

vendredi 20 mai 2016

Reçu de Kerly



A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles,
Je dirai quelque jour vos naissances latentes :
A, noir corset velu des mouches éclatantes
Qui bombinent autour des puanteurs cruelles,
Golfes d'ombre ; E, candeur des vapeurs et des tentes,
Lances des glaciers fiers, rois blancs, frissons d'ombelles ;
I, pourpres, sang craché, rire des lèvres belles
Dans la colère ou les ivresses pénitentes ;
U, cycles, vibrements divins des mers virides,
Paix des pâtis semés d'animaux, paix des rides
Que l'alchimie imprime aux grands fronts studieux ;
O, suprême Clairon plein des strideurs étranges,
Silences traversés des Mondes et des Anges :
- O l'Oméga, rayon violet de Ses Yeux ! -

A. Rimbaud      Voyelles

Reçu de Adriane Leal


Au-dessus de la vase
à l'écoute du monde
l'âme épanouie

Ossiane

Merci Adriane pour ce joli MA avec sa fleur de lotus ...

jeudi 19 mai 2016

Pour Georges Le Moël


Dans la nuit noire, recourbée en nef d'église,
S'inscrivent, par instants, des pâleurs de vitraux
Qu'une clarté de lune intermittente irise :
Un vent religieux frissonne sur les eaux.

Au large de l'Ar-Men solitaire, agonise
L'âme, lente à sombrer, des soirs occidentaux.
Un deuil plane sur les maisons de pierre grise ;
Les orgues de la mer roulent des lamentos.

C'est la messe du Raz, l'office de Ténèbres
Les phares angoissants clignent leurs yeux funèbres,
De tout l'espace monte un sourd Miserere ...

Quelqu'un d'ivre, qui dort le front sur une épave,
Tressaille et, rajustant les pans de son ciré,
Se signe, sans savoir pourquoi, d'un geste grave...

Et, sans savoir sur quoi, moi-même j'ai pleuré.

Anatole Le Braz    Messe noire

Pour Isabelle Llor


D'eux deux il était ainsi
Comme du chèvre-feuille était
Qui au coudrier se prenait.
Quand il s'est enlacé et pris
Et tout autour le fût s'est mis,
Ensemble peuvent bien durer.
Mais qui les veut ensuite désunir
Le coudrier meurt bien vite
Et le chèvre-feuille avec lui.
"Belle amie ainsi est de nous
Ni vous sans moi, ni moi sans vous."

Le Lai du Chèvrefeuille   Marie de France 12ème S

mercredi 18 mai 2016

Pour Pascale Championnet


Le vieux monstre dans sa grotte
qui tousse et qui crachotte
qui bave et qui suffoque
plein de verrues et de cloques
tout pansu et tout lippu
tout bossu tout biscornu
pieds fourchus
doigts crochus
nez fendu
bouche tordue
l’as-tu vu ?


Andrée Marquet

Reçu de Miss Yves









  « Je suis venu au monde à l'ombre précaire d'une bicyclette suspendue entre ciel et terre. »
Louis Nucera 
" On quitte les bras de sa mère pour le guidon d'une bicyclette "
Antoine Blondin 

Merci Marcelle, Louis Nucera, Antoine Blondin, que des " grands"
Rappel :


Miss Yves à un appel en cours : " Petite reine ", toutes les infos ici