mercredi 12 octobre 2016
mardi 11 octobre 2016
Reçu de Nanou Pradel
C’est le rêve que nous portons
que quelque chose de merveilleux
va arriver,
que ça doit arriver –
que le temps va s’ouvrir
que le cœur va s’ouvrir
que les portes vont s’ouvrir
que la roche va s’ouvrir
que les sources vont jaillir –
que le rêve va s’ouvrir,
qu’un beau matin, au point du jour,
nous glisserons sur la vague
vers une anse dont nous ne savions rien.
Olav Håkonson Hauge
Un jardinier poète, norvégien, qui a vécu toute sa vie à Ulvik, pays, commune et poète que je connais bien, ayant un peu vécu en Norvège, un flot de souvenirs …. c'est çà aussi la poésie !
Merci Nanou
que quelque chose de merveilleux
va arriver,
que ça doit arriver –
que le temps va s’ouvrir
que le cœur va s’ouvrir
que les portes vont s’ouvrir
que la roche va s’ouvrir
que les sources vont jaillir –
que le rêve va s’ouvrir,
qu’un beau matin, au point du jour,
nous glisserons sur la vague
vers une anse dont nous ne savions rien.
Olav Håkonson Hauge
Un jardinier poète, norvégien, qui a vécu toute sa vie à Ulvik, pays, commune et poète que je connais bien, ayant un peu vécu en Norvège, un flot de souvenirs …. c'est çà aussi la poésie !
Merci Nanou
vendredi 7 octobre 2016
Reçu de Piggy
À moi. L'histoire d'une de mes folies.
Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.
J'aimais les peintures idiotes, dessus de portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires ; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rythmes naïfs.
Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de moeurs, déplacements de races et de continents : je croyais à tous les enchantements.
J'inventai la couleur des voyelles ! - A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. - Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.
Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable. Je fixais des vertiges.
Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises,
Que buvais-je, à genoux dans cette bruyère
Entourée de tendres bois de noisetiers,
Dans un brouillard d'après-midi tiède et vert ?
Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise,
- Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert ! -
Boire à ces gourdes jaunes, loin de ma case
Chérie? Quelque liqueur d'or qui fait suer.
Je faisais une louche enseigne d'auberge.
- Un orage vint chasser le ciel. Au soir
L'eau des bois se perdait sur les sables vierges,
Le vent de Dieu jetait des glaçons aux mares ;
Pleurant, je voyais de l'or - et ne pus boire. -
À quatre heures du matin, l'été,
Le sommeil d'amour dure encore.
Sous les bocages s'évapore
L'odeur du soir fêté.
Là-bas, dans leur vaste chantier,
Au soleil des Hespérides,
Déjà s'agitent - en bras de chemise -
Les Charpentiers.
Dans leurs Déserts de mousse, tranquilles,
Ils préparent les lambris précieux
Où la ville
Peindra de faux cieux
O, pour ces Ouvriers charmants
Sujets d'un roi de Babylone,
Vénus ! quitte un instant les Amants
Dont l'âme est en couronne.
O Reine des Bergers,
Porte aux travailleurs l'eau-de-vie,
Que leurs forces soient en paix
En attendant le bain dans la mer à midi
Extrait de " L'alchimie du verbe " de Rimbaud, une perle de Piggy, ah ! écrire des silences ....
Merci Nicole
L'appel de Nicole :
APPEL A MAIL ART
LE COCHON DANS TOUS SES ETATS
Comment le voyez-vous ?
Beau ? Glouton ? Sale ? .....
Que vous inspire-t'il ?
PAS DE DATE LIMITE
Réponse sur votre thème
Adresse : Nicole EIPPERS
28 rue de Hodebierge
B 1370 MELIN
BELGIQUE
Voir ses cochons ici
LE COCHON DANS TOUS SES ETATS
Comment le voyez-vous ?
Beau ? Glouton ? Sale ? .....
Que vous inspire-t'il ?
PAS DE DATE LIMITE
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BELGIQUE
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Reçu de Dani
Lueur des chandelles
nuit magnifique
cris des grenouilles
Issa
Un bel haïku du grand Issa Kobayashi, une jolie calligraphie, et l'illustration assortie ... Merci Dani !
nuit magnifique
cris des grenouilles
Issa
Un bel haïku du grand Issa Kobayashi, une jolie calligraphie, et l'illustration assortie ... Merci Dani !
Rappel : pour voir ce que reçois Dani, voici ses galeries
jeudi 6 octobre 2016
Pour Roland Karcher
L’écriture,
ça danse, ça valse,
Ça
part, ça revient, ça virevolte…
Forte
et magique, secrète et profonde,
L’écriture
joue dans nos cahiers
Lorsqu’on
a su l’apprivoiser.
Petite
et timide, grande et téméraire,
Tordue
et impolie, ronde et régulière,
Elle
est élégante en calligraphie
Mais
toujours personnelle,
Car
elle a son histoire.
Droitier
ou gaucher, qu’importe…
Laissez-vous
emporter, laissez la couler…
Elle
a besoin de parler, l’écriture,
Elle
a des choses à nous dire !
Du
petit mot doux
A
la
promesse d’amitié,
Du
serment d’amour au billet clandestin,
Elle
fait arriver les larmes,
Elle
fait naître les sourires,
La
dispute et la réconciliation.
Elle
peut créer des rencontres,
Des
choses inoubliables…
Mystérieuse,
incontrôlable,
Gratuite
et toujours disponible,
Elle
a besoin d’aller plus loin.
Elle
est de toutes les couleurs,
Elle
est de toutes les langues.
Son
énergie et sa force.
Font
naître la liberté.
La
classe de l'institut Freinet à Vence, à partir de la poésie de
Yasmine, 10 ans.
mercredi 5 octobre 2016
Pour Daniel de Culla
" Negro sobre blanco,
azul,
el gigante grano de polen
estalla
entre las grietas del tiempo,
entre las fallas de la conciencia.
Gruesas gotas
negras blancas:
lluvia de simientes.
El árbol semántico,
planta pasional
mente sacudida,
llueve hojas digitales:
río de manos
sobre hacia entre.
azul,
el gigante grano de polen
estalla
entre las grietas del tiempo,
entre las fallas de la conciencia.
Gruesas gotas
negras blancas:
lluvia de simientes.
El árbol semántico,
planta pasional
mente sacudida,
llueve hojas digitales:
río de manos
sobre hacia entre.
..."
" Noir sur blanc, bleu, le grain de pollen géant salves entre les fissures du temps, entre les défaillances de la conscience. de grosses gouttes Blanc Noir: graines de pluie. L'arbre sémantique, plante pasional Agiter l'esprit, pluie numérique laisse: mains rivière sur le point d'entrer.
..."
Octavio Paz Confluencias
Pour Annick Schulthess Brillan
- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ?
ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est
resté jusqu'à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L'or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas...
là-bas... les merveilleux nuages !
ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
- Je n'ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
- Tes amis ?
- Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est
resté jusqu'à ce jour inconnu.
- Ta patrie ?
- J'ignore sous quelle latitude elle est située.
- La beauté ?
- Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle.
- L'or ?
- Je le hais comme vous haïssez Dieu.
- Eh ! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
- J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas...
là-bas... les merveilleux nuages !
Charles Baudelaire L'étranger
mardi 4 octobre 2016
Pour Gisèle
L'univers, c'est un livre, et des yeux qui le lisent.
Ceux qui sont dans la nuit ont raison quand ils disent :
Rien n'existe ! Car c'est dans un rêve qu'ils sont.
Rien n'existe que lui, le flamboiement profond,
Et les âmes, les grains de lumière, les mythes,
Les moi mystérieux, atomes sans limites,
Qui vont vers le grand moi, leur centre et leur aimant ;
Points touchant au zénith par le rayonnement,
Ainsi qu'un vêtement subissant la matière,
Traversant tour à tour dans l'étendue entière
La formule de chair propre à chaque milieu,
Ici la sève, ici le sang, ici le feu ;
Blocs, arbres, griffes, dents, fronts pensants, auréoles ;
Retournant aux cercueils comme à des alvéoles ;
Mourant pour s'épurer, tombant pour s'élever,
Sans fin, ne se perdant que pour se retrouver,
Chaîne d'êtres qu'en haut l'échelle d'or réclame,
Vers l'éternel foyer volant de flamme en flamme,
Juste éclos du pervers, bon sorti du méchant,
Montant, montant, montant sans cesse, et le cherchant,
Et l'approchant toujours, mais sans jamais l'atteindre,
Lui, l'être qu'on ne peut toucher, ternir, éteindre,
Le voyant, le vivant, sans mort, sans nuit, sans mal,
L'idée énorme au fond de l'immense idéal !
La matière n'est pas et l'âme seule existe.
*
Rien n'est mort, rien n'est faux, rien n'est noir, rien n'est triste.
Personne n'est puni, personne n'est banni.
Tous les cercles qui sont dans le cercle infini
N'ont que de l'idéal dans leurs circonférences.
Astres, mondes, soleils, étoiles, apparences,
Masques d'ombre ou de feu, faces des visions,
Globes, humanités, terres, créations,
Univers où jamais on ne voit rien qui dorme,
Points d'intersection du nombre et de la forme,
Chocs de l'éclair puissance et du rayon beauté,
Rencontres de la vie avec l'éternité,
Ô fumée, écoutez ! Et vous, écoutez, âmes,
Qui seules resterez étant souffles et flammes,
Esprits purs qui mourez et naissez tour à tour :
Dieu n'a qu'un front : Lumière ! et n'a qu'un nom : Amour ! -
Ceux qui sont dans la nuit ont raison quand ils disent :
Rien n'existe ! Car c'est dans un rêve qu'ils sont.
Rien n'existe que lui, le flamboiement profond,
Et les âmes, les grains de lumière, les mythes,
Les moi mystérieux, atomes sans limites,
Qui vont vers le grand moi, leur centre et leur aimant ;
Points touchant au zénith par le rayonnement,
Ainsi qu'un vêtement subissant la matière,
Traversant tour à tour dans l'étendue entière
La formule de chair propre à chaque milieu,
Ici la sève, ici le sang, ici le feu ;
Blocs, arbres, griffes, dents, fronts pensants, auréoles ;
Retournant aux cercueils comme à des alvéoles ;
Mourant pour s'épurer, tombant pour s'élever,
Sans fin, ne se perdant que pour se retrouver,
Chaîne d'êtres qu'en haut l'échelle d'or réclame,
Vers l'éternel foyer volant de flamme en flamme,
Juste éclos du pervers, bon sorti du méchant,
Montant, montant, montant sans cesse, et le cherchant,
Et l'approchant toujours, mais sans jamais l'atteindre,
Lui, l'être qu'on ne peut toucher, ternir, éteindre,
Le voyant, le vivant, sans mort, sans nuit, sans mal,
L'idée énorme au fond de l'immense idéal !
La matière n'est pas et l'âme seule existe.
*
Rien n'est mort, rien n'est faux, rien n'est noir, rien n'est triste.
Personne n'est puni, personne n'est banni.
Tous les cercles qui sont dans le cercle infini
N'ont que de l'idéal dans leurs circonférences.
Astres, mondes, soleils, étoiles, apparences,
Masques d'ombre ou de feu, faces des visions,
Globes, humanités, terres, créations,
Univers où jamais on ne voit rien qui dorme,
Points d'intersection du nombre et de la forme,
Chocs de l'éclair puissance et du rayon beauté,
Rencontres de la vie avec l'éternité,
Ô fumée, écoutez ! Et vous, écoutez, âmes,
Qui seules resterez étant souffles et flammes,
Esprits purs qui mourez et naissez tour à tour :
Dieu n'a qu'un front : Lumière ! et n'a qu'un nom : Amour ! -
Victor Hugo
lundi 3 octobre 2016
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