mercredi 18 mai 2016

Reçu de Martine Julmann


Si toutes les filles du monde voulaient se donner la main,
Tout autour de la mer, elles pourraient faire une ronde.
Si tous les gars du monde voulaient bien être marins,
Ils feraient avec leur barque, un joli pont sur
l’onde.
Alors on pourrait faire une ronde tout autour du monde,
Si tous les gens du monde voulaient se donner la main.


Paul FORT

    Merci Martine  pour cette ronde de Paul Fort sur un fond joliment travaillé ...   
     Si vous voulez voir le blog de Martine,  c'est là :

mardi 17 mai 2016

Pour E Ambassadeur utopia


Le noir roc courroucé que la bise le roule
Ne s’arrêtera ni sous de pieuses mains
Tâtant sa ressemblance avec les maux humains
Comme pour en bénir quelque funeste moule.

Ici presque toujours si le ramier roucoule
Cet immatériel deuil opprime de maints
Nubiles plis l’astre mûri des lendemains
Dont un scintillement argentera la foule.

Qui cherche, parcourant le solitaire bond
Tantôt extérieur de notre vagabond –
Verlaine ? Il est caché parmi l’herbe, Verlaine

À ne surprendre que naïvement d’accord
La lèvre sans y boire ou tarir son haleine
Un peu profond ruisseau calomnié la mort.

Stéphane Mallarmé

Pour Emmanuelle Villebrun





Adieu mes jours enfants, paradis éphémère !
Fleur que brûle déjà le regard du soleil,
Source dormeuse où rit une douce chimère,
Adieu ! L’aurore fuit. C’est l’instant du réveil !

J’ai cherché vainement à retenir tes ailes
Sur mon coeur qui battait, disant :  » Voici le jour ! «
J’ai cherché vainement parmi mes jeux fidèles
A prolonger mon sort dans ton calme séjour ;

L’heure est sonnée, adieu mon printemps, fleur sauvage ;
Demain tant de bonheur sera le souvenir.
Adieu ! Voici l’été ; je redoute l’orage ;
Midi porte l’éclair, et midi va venir.

Ondine Valmore    Adieu à l'enfance

dimanche 15 mai 2016

Pour Vincent Navecth


Un poète doit laisser des traces de son passage, non des preuves. Seules les traces font rêver.

René Char     La parole en archipel

 

Pour Raymond Chermat



Je suis né dans un monde qui commençait à ne plus vouloir entendre parler de la mort et qui est aujourd’hui parvenu à ses fins, sans comprendre qu’il s’est du coup condamné à ne plus entendre parler de la grâce.


Christian Bobin    La présence pure

samedi 14 mai 2016

Reçu de Maryse Moussaron




Hirondelle qui vient de la nue orageuse
Hirondelle fidèle, où vas-tu ? dis-le-moi.
Quelle brise t’emporte, errante voyageuse ?
Écoute, je voudrais m’en aller avec toi,

Bien loin, bien loin d’ici, vers d’immenses rivages,
Vers de grands rochers nus, des grèves, des déserts,
Dans l’inconnu muet, ou bien vers d’autres âges,
Vers les astres errants qui roulent dans les airs.

Ah ! laisse-moi pleurer, pleurer, quand de tes ailes
Tu rases l’herbe verte et qu’aux profonds concerts
Des forêts et des vents tu réponds des tourelles,
Avec ta rauque voix, mon doux oiseau des mers.

Hirondelle aux yeux noirs, hirondelle, je t’aime !
Je ne sais quel écho par toi m’est apporté
Des rivages lointains ; pour vivre, loi suprême,
Il me faut, comme à toi, l’air et la liberté.

Louise Michel


Reçu de Maryse, ces hirondelles tout droit sorties " de la nue orageuse ", tampons maison je suppose, beau résultat, Merci Maryse ...

Pour Nanou Pradel


Mon cœur est un palais plein de parfums flottants
Qui s’endorment parfois aux plis de ma mémoire,
Et le brusque réveil de leurs bouquets latents
– Sachets glissés au coin de la profonde armoire –
Soulève le linceul de mes plaisirs défunts
Et délie en pleurant leurs tristes bandelettes…
Puissance exquise, dieux évocateurs, parfums,
Laissez fumer vers moi vos riches cassolettes !
Parfum des fleurs d’avril, senteur des fenaisons,
Odeur du premier feu dans les chambres humides,
Arômes épandus dans les vieilles maisons
Et pâmés au velours des tentures rigides ;
Apaisante saveur qui s’échappe du four,
Parfum qui s’alanguit aux sombres reliures,
Souvenir effacé de notre jeune amour
Qui s’éveille et soupire au goût des chevelures ;
Fumet du vin qui pousse au blasphème brutal,
Douceur du grain d’encens qui fait qu’on s’humilie,
  Arôme jubilant de l’azur matinal,
Parfums exaspérés de la terre amollie ;
Souffle des mers chargés de varech et de sel,
Tiède enveloppement de la grange bondée,
Torpeur claustrale éparse aux pages du missel,
Acre ferment du sol qui fume après l’ondée ;
Odeur des bois à l’aube et des chauds espaliers,
Enivrante fraîcheur qui coule des lessives,
Baumes vivifiants aux parfums familiers,
Vapeur du thé qui chante en montant aux solives !
– J’ai dans mon cœur un parc où s’égarent mes maux,
Des vases transparents où le lilas se fane,
Un scapulaire où dort le buis des saints rameaux,
Des flacons de poison et d’essence profane.
Des fruits trop tôt cueillis mûrissent lentement
En un coin retiré sur des nattes de paille,
Et l’arome subtil de leur avortement
Se dégage au travers d’une invisible entaille…
– Et mon fixe regard qui veille dans la nuit
Sait un caveau secret que la myrrhe parfume,
Où mon passé plaintif, pâlissant et réduit,
Est un amas de cendre encor chaude qui fume.
– Je vais buvant l’haleine et les fluidités
Des odorants frissons que le vent éparpille,
Et j’ai fait de mon cœur, aux pieds des voluptés,
Un vase d’Orient où brûle une pastille.

Anna de Noailles    Le cœur innombrable

Reçu de Pascale Championnet



Rien que la conception est poétique : Fond marbré à la mousse à raser, Plastic échoué sur le sable de la plage de Wimereux, tout un programme...

" Toi qui marches, qui ne veux pas voir descends, descends toujours jusqu'aux royaumes de l'infertile là tout un peuple bouge, ombres des pères que les fils bafouent, reines qui dansent dans leur délire et loin ..."
Claude Esteban      Morceaux de ciel, presque rien

Merci Pascale

jeudi 12 mai 2016

Réponse Activités périscolaires, Pour Tiphaine Le Guen

Pour Tiphaine Le Guen

J'ai mis mon képi dans la cage
et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête
Alors
on ne salue plus
a demandé le commandant
Non
on ne salue plus
a répondu l'oiseau
Ah bon
excusez-moi je croyais qu'on saluait
a dit le commandant
Vous êtes tout excusé tout le monde peut se tromper
a dit l'oiseau


Jacques Prévert

Réponse Activités périscolaires, Pour Yolan Heulin

Pour Yolan Heulin




La libellule plane.
La demoiselle batifole.
La libellule lit
Le livre des champs.
Lis, belle,



Un libelle.

Sais-tu, libellule
Que seule la chouette hulule ?

Vole
Libellule
Transparence,
Frissonnante.

Tu te poses
Sur un roseau,
Balancelle des oiseaux.

Rolande Causse     Au bord du ruisseau

Réponse Activités périscolaires, Pour Thylane Boyeldieu

Pour Thylane Boyeldieu

Te souviens-tu au zoo,
derrière un verre,
 te rappelles-tu cet 
animal tout vert?
ce n'était pas un gecko?
pas un varan?
pas un lézard?
quelle histoire !
hi-hi- I-guane
un bel iguane vert laitue !

Rolande Causse

mercredi 11 mai 2016

Pour Maryse Moussaron













La véritable manifestation de la vie commence avec l'écriture

Héraclite 

Un livre sous forme de leporello pour Maryse ...