mardi 27 septembre 2016

Pour Lilian Pacheco


Visages sculptés
brodés les uns après les autres
là en haut sous les toits
à côté des chambres de bonnes
Chaque profil est différent
égal dans son essence
inébranlable dans son destin
Nos regards rêveurs se démultiplient
quérissant en vain la similitude
marque ancestrale cachée dans les cellules
Nous cherchons cette statue
qui nous ressemble
ce sourire identique au même destin
se reflétant dans la brume des souvenirs
tel ce palais en pierre
dans le miroir d’eau piétinée
par la pureté de nos enfants
Nous traversons à nouveau le pont
au ralenti
la pluie fouettant nos visages
nous noie dans la tautologie de la réalité

Sybille Rembard, 2011

Pour Manuel Ruiz Ruiz


" Verde que te quiero verde.
Verde viento. Verdes ramas.
El barco sobre la mar
y el caballo en la montaña.
Con la sombra en la cintura
ella sueña en su baranda,
verde carne, pelo verde,
con ojos de fría plata.
Verde que te quiero verde.
Bajo la luna gitana,
las cosas le están mirando
y ella no puede mirarlas.   
..."
Frederico Garcia Lorca         Romance sonambulo    

lundi 26 septembre 2016

Pour Vent des mots


Pour " Vent des mots" et l'appel " arbre":

Le bonheur est dans les cimes ....



Des branches. Des feuilles.
Des pétioles. Des folioles.
Un monde ramifié qui bouge, bruit et bondit.
Un royaume de verdures, de vertiges et de vents.
Un labyrinthe de souffles et de murmures.
Un arbre en somme.

Jacques Lacarrière

Pour Elena Signori


Un bouquet de muguet,
Deux bouquets de muguet,
Au guet ! Au guet !
Mes amis, il m’en souviendrait,
Chaque printemps au premier mai.
Trois bouquets de muguet,
Gai ! gai !
Au premier mai,
Franc bouquet de muguet.

Robert Desnos

samedi 24 septembre 2016

Reçu de Pascale





Petit poisson qui tourne en rond
Petit poisson dis moi ton nom
Petit poisson tout rouge
Petit poisson qui bouge
Petit poisson sans nom.

J'aime bien être surpris, je suis servi ... voici le dernier envoi de Pascale,  un " magnet ", pour l'exposer, il me suffira de trouver une surface métallique.
 La poésie sur la porte du frigo....

Reçu de Frederique Hemery,


Une histoire sans paroles de Fred, j'aime beaucoup l'idée que la poésie mène à l'âme, probablement que quelquefois, c'est aussi le plus COURT chemin ....

merci Fred ....
 

vendredi 23 septembre 2016

Pour Frederique Hemery,


"Je t'offre ces fleurs de tes îles bien-aimées
]Sous nos ciels en pleurs,
Reconnais-tu leurs couleurs
Et leurs âmes parfumées"

Pour cueillir la branche dont l'eau berce la couleur
Sur l'eau je me penche
Hélas j'ai trempé ma manche
Et je n'ai pas pris de fleur

Sur l'eau de l'étang l'herbe à la plante enlacée
Vert tapis s'étend
Aucun regard ne descend
Jusqu'au fond de ma pensée

Les brumes complices cachent les fleurs du prunier
Ô vent printanier
Va dérober au calice
L'odeur qui fait mes délices

Les brumes complices cachent les fleurs du prunier
Ô vent printanier
Va dérober au calice
L'odeur qui fait mes délices


Les poèmes de la libellule - traduit par Judith GAUTIER

Reçu de Daniel de Culla







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Thanks Daniel

La page de D. de Culla sur PoèmHunter , c'est ici

jeudi 22 septembre 2016

Pour Ursu


Hier au bazar, j'ai vu un potier
Qui foulait l'argile sous ses pieds.
Et celle-ci lui disait dans son langage :
" J'ai été comme toi. Ménage-moi.
 
 Omar Khayam,       Poète Persan

Pour Nanou Pradel





Nous aurons des lits pleins d’odeurs légères,
Des divans profonds comme des tombeaux,
Et d’étranges fleurs sur les étagères,
Écloses pour nous sous des ciels plus beaux. 
Usant à l’envi leurs chaleurs dernières,
Nos deux cœurs seront deux vastes flambeaux,
Qui réfléchiront leurs doubles lumières
Dans nos deux esprits, ces miroirs jumeaux. 
Un soir fait de rose et de bleu mystique,
Nous échangerons un éclair unique,
Comme un long sanglot, tout chargé d’adieux ; 
Et plus tard un Ange, entr’ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes. 
Baudelaire

mercredi 21 septembre 2016

Pour Roland Lefèbvre



C'est à nous! Tant d'impatience,
Tant de poings rongés en silence
Ont enfin fait venir ce jour.
Nos rêves d'enfants se dissipent.
Nous avons acheté des pipes
Et brûlé nos lettres d'amour.
C'est notre tour. Nous allons être
Plus grands encor que les vieux maîtres,
Ces hussards et ces grenadiers
Que nous avons vus à l'école
Balayer de leurs charges folles
Nos couvertures de cahier.
Sans doute, au milieu des batailles,
Nos vingt ans n'auront pas leur taille
Nos uniformes n'ont point d'or
Mais moins d'allure et de panache
Ne fait pas, même sans moustache,
Qu'on ne soit des poilus encor.

Nous ne nous payons pas de mots.
Nous ne serons pas des héros
Pour qu'on le sache, ni sublimes
Pour qu'on le dise. On est Français:
On a sa vie, on l'offre, et c'est
L'humble obole d'un anonyme.
Penser à soi, se hausser?... Non.
France, Allemagne: ces deux noms
Nous ont fait oublier le nôtre.
Nous avons simplement choisi,
Comme destin, d'être un fusil
Au milieu de trois millions d'autres.»
Il fut de tels vaincus, jadis,
Dans les luttes d'un contre dix,
Que leur gloire reste immortelle.
Mais nous estimons qu'à présent,
Ne serait-on qu'un contre cent,
La défaite n'est jamais belle.


Nous voulons être les plus forts.
Nous méprisons bien trop la mort
Pour lui faire des politesses.
Froids et lucides avec soin.
Plus prudents pour aller plus loin,
Nous materons notre jeunesse…
***
Et vous, mères, que nous, laissons,
Montrez devant vos grands garçons
Des yeux secs et des cœurs farouches.
Il vous reste encore un devoir: Honorez-nous d'un «au revoir» .
Qui ne tremble pas sur vos bouches.
Adieu. Ne tendez pas les bras.
Nous ne nous retournerons pas.
C'est en avant qu'on nous appelle.
Nous avons hâte de savoir.
Dans du silence et dans du noir,
A quoi rêvent les sentinelles.
Et puisque nos capotes ont
Le bleu léger des horizons,
Si jamais du sang les colore,
Ne pleurez pas: nous sommes sûrs
Que ce sang clair sur cet azur
Aura les rougeurs d'une aurore.


  Paul Géraldy

Pour Simon Warren


Pour un fichu poème
dans le genre absurde
  d’un blanc laiteux
et qui hait la psychanalyse
 
Pour un Pollock
aimant Le Greco et Goya

Pour un corrida sans toro
et un gendarme sans chapeau
  
Pour un poème dripping
où coulent les mots
sur la page à plat 
– plat de poissons de Ponge
et vinho verde de Pessoa –
 
Il ne faut pas en faire
        tout un plat

Jean Jacques Dorio