vendredi 20 janvier 2017

Pour France Picy


" I

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçu les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. -- Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement
La girouette en deuil criait au firmament ;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N'effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d'en-bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s'étaient mis en quête
A regardé le sable en s'y couchant ; Bientôt,
Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçait la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s'arrêtent, et moi, cherchant ce qu'ils voyaient,
J'aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse ;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu'à deux pas, ne dormant qu'à demi,
Se couche dans ses murs l'homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa louve reposait comme celle de marbre
Qu'adorait les romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s'assied, les deux jambes dressées
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s'est jugé perdu, puisqu'il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante
Et n'a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu'au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu'à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
Nos fusils l'entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

..."      
Alfred de Vigny     La mort du loup

Pour École publique de Lantic


Quand la baleine
A de la peine
Un grand jet d’eau
Pleure à son dos

Et tant de larmes
Font tel vacarme
Que son chagrin
Soulève un grain
Et sa souffrance
Est si intense
Que ses sanglots
Salent les flots

Robert Vigneau


Pour la classe (CE2) de Erwan Cherbonnel

jeudi 19 janvier 2017

Pour Adriane Leal


Hydre absolue,
Ivre de ta chair bleue 
...
Paul Valery

Pour Ecole publique de Lantic



Je vois enfin la mer dans sa triple harmonie, la

mer qui tranche de son croissant la dynastie des

douleurs absurdes, la grande volière sauvage, la mer

crédule comme un liseron.

Quand je dis : j'ai levé la loi, j'ai franchi la morale,

j'ai maillé le cœur, ce n'est pas pour me donner raison

devant ce pèse-néant dont la rumeur étend sa palme

au delà de me persuasion. Mais rien de ce qui m'a

vu vivre et agir jusqu'ici n'est témoin alentour. Mon

épaule peut bien sommeiller, ma jeunesse accourir.

C'est de cela seul qu'il faut tirer richesse immédiate

et opérante. Ainsi, il y a un jour de pur dans l'année,

un jour qui creuse sa galerie merveilleuse dans

l'écume de la mer, un jour qui monte aux yeux pour

couronner midi. Hier la noblesse était déserte, le

rameau était distant de ses bourgeons. Le requin et

la mouette ne communiquaient pas.

- O Vous, arc-en-ciel de ce rivage polisseur,

approchez le navire de son espérance. Faites que

toute fin supposée soit une neuve innocence, un

fiévreux en-avant pour ceux qui trébuchent dans la

matinale lourdeur.

René Char 

Pour la classe (CE2) de Erwan Cherbonnel

mercredi 18 janvier 2017

Reçu de Rosine Jouan



Marche aujourd'hui
Marche demain
En marchant on fait
Beaucoup de chemin

Rosine Jouan

C'est chouette et pas faux Rosine, merci pour cette belle participation ...

mardi 17 janvier 2017

lundi 16 janvier 2017

Reçu de Pascale Championnet



Quoi de plus élégant, sous l'eau, qu'une méduse ?
C'est un cœur palpitant dans un corps de cristal
propulsant dans un lent mouvement vertical,
son ombrelle éclairée d'une lueur diffuse.

Improbable mouton du troupeau d'Aréthuse,
fleur vivante égarée dans le règne animal,
sur la plage elle vient, visiteur estival
inspirant aux baigneurs une terreur confuse !

Sa beauté cristalline admirée du plongeur
n'est qu'objet de dégoût aux yeux du promeneur
qui la voit pourrissant au sable de la grève.

Mais pour qui sait parer son contact urticant
l'étrange séduction de cet être de rêve
en fait le pur joyau d'un monde fascinant.

Dago

Reçu ce joli puzzle de Pascale, ambiance sous-marine, poissons, coraux, araignée et méduse .... d’où le poème ci-dessus .
Merci Pascale

Reçu de Maria Lopez Castillo






J'ai rencontré Maria en Casamance, elle m'avait promis une participation, la voici  sous forme d'un poème Basque !

Merci à toi Maria


jeudi 12 janvier 2017

Reçu de Nadine Deppierraz


A l'enterrement d'une feuille morte
Deux escargots s'en vont
Ils ont la coquille noire
Du crêpe autour des cornes
Ils s'en vont dans le noir
Un très beau soir d'automne
Hélas quand ils arrivent
C'est déjà le printemps
Les feuilles qui étaient mortes
Sont toutes ressuscitées
Et les deux escargots
Sont très désappointés
Mais voilà le soleil
Le soleil qui leur dit
Prenez prenez la peine
La peine de vous asseoir
Prenez un verre de bière
Si le cœur vous en dit
Prenez si ça vous plaît
L'autocar pour Paris
Il partira ce soir
Vous verrez du pays
Mais ne prenez pas le deuil
C'est moi qui vous le dis
Ça noircit le blanc de l'oeil
Et puis ça enlaidit
Les histoires de cercueils
C'est triste et pas joli
Reprenez vos couleurs
Les couleurs de la vie
Alors toutes les bêtes
Les arbres et les plantes
Se mettent à chanter
A chanter à tue-tête
La vraie chanson vivante
La chanson de l'été
Et tout le monde de boire
Tout le monde de trinquer
C'est un très joli soir
Un joli soir d'été

Et les deux escargots
S'en retournent chez eux
Ils s'en vont très émus
Ils s'en vont très heureux
Comme ils ont beaucoup bu
Ils titubent un petit peu
Mais là-haut dans le ciel
La lune veille sur eux.

Jacques Prévert    Paroles 

Merci Nadine

jeudi 5 janvier 2017

Reçu de Roland Karcher

 cliquez sur les images pour agrandir





Merci Roland pour cet envoi gentiment irrévérencieux ...

Plus d'infos sur Roland sur son blog :


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