lundi 7 mars 2016

Reçu de Nadine Niemelä

Cliquer sur l'image pour lire le poéme

Et voici un autre poème de cette poétesse que m'a fait découvrir Nadine :

Jours malades

Mon cœur est gardé à l'étroit dans une mince crevasse,
mon cœur est au loin
dans une île perdue.
Des oiseaux blancs font la navette,
ils m'apportent le message que mon cœur est en vie.
Je sais - comme il vit de charbon et de sable
sur des pierres tranchantes.
Je reste couchée tout le jour et j'attends la nuit,
je reste couchée toute la nuit et j'attends le jour,
je reste couchée, malade, au jardin du paradis.
Je sais que je ne guérirai pas,
désir et langueur n'en finissent jamais.
J'ai la fièvre comme une fleur des marais,
ma sueur est sucrée comme une plante poisseuse.
En bas, tout au fond de mon jardin, un lac somnole.
Moi, qui aime la terre,
je ne connais rien de mieux que l'eau.
Dans l'eau s'échouent toutes mes pensées
que personne n'a vues, mes pensées que je n'ose montrer à personne.
L'eau grouille de secrets !


Édith Södergran (Traduction Carl Gustav Bjurström et Lucie Albertini, éditions Orphée La Différence)

Merci Nadine pour les mots de Édith Södergran.

Les appels de Nadine sont les suivants :
Paris New York
Les quatre saisons 
Les jardins du monde



Reçu de Léo Godet





Ours blanc comme
la neige
personne ne te voit
dans la neige

Auteur inconnu, peut-être Léo ?

Merci Léo, émouvant ton ours qui regarde ce qui lui reste de banquise : trois petits icebergs !!!

dimanche 6 mars 2016

Pour le Groupe SPVS La Marrière


" Visages sculptés
brodés les uns après les autres
là en haut sous les toits
à côté des chambres de bonnes
Chaque profil est différent
égal dans son essence
inébranlable dans son destin
Nos regards rêveurs se démultiplient
quérissant en vain la similitude
marque ancestrale cachée dans les cellules
..."
 Sybille Rembard

Pour Eni Ilis


Il meurt lentement
Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n'écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.
Il meurt lentement
celui qui détruit son amour propre
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère
 ...

Pablo Neruda

Pour Denis Charmot


« — Mon beau chien, mon bon chien, mon cher toutou, approchez et venez respirer un excellent parfum acheté chez le meilleur parfumeur de la ville. »
Et le chien, en frétillant de la queue, ce qui est, je crois, chez ces pauvres êtres, le signe correspondant du rire et du sourire, s’approche et pose curieusement son nez humide sur le flacon débouché ; puis, reculant soudainement avec effroi, il aboie contre moi en manière de reproche.
« — Ah ! misérable chien, si je vous avais offert un paquet d’excréments, vous l’auriez flairé avec délices et peut-être dévoré. Ainsi, vous-même, indigne compagnon de ma triste vie, vous ressemblez au public, à qui il ne faut jamais présenter des parfums délicats qui l’exaspèrent, mais des ordures soigneusement choisies. »

Charles Baudelaire   Petits poèmes en prose, Le chien et le flacon

Reçu de Anja Christine Ross


Le bleu ne fait pas de bruit.

C'est une couleur timide, sans arrière-pensée, présage, ni projet, qui ne se jette pas brusquement sur le regard comme le jaune ou le rouge, mais qui l'attire à soi, l'apprivoise peu à peu, le laisse venir sans le presser, de sorte qu'en elle il s'enfonce et se noie sans se rendre compte de rien. 
...
Jean Michel Maulpoix  Une histoire de bleu

samedi 5 mars 2016

Reçu de Elisa Battistella








Solo chi rischia di andare
troppo lontano avra
la possibilita di scoprire
quanto lontano
si puo andare.

T.S. Eliott
Grazie mille Elisa

Pour Brigitte Drillet


" Marche au bord du réel
va jeter ta carcasse contre l'horizon ."

André Velter

Pour Elisa Battistella

Lettere d’amore
Mandai lettere d’amore ai cieli, ai venti, ai mari,
a tutte le dilagate
forme dell’universo.
Essi mi risposero in una rugiadosa
lentezza d’amore
per cui riposai
su le arse cime frastagliate loro
come su una selva di vento.
Mi nacque un figlio dell’oceano.
Lorenzo Calogero,  Poco suono

Lettres d’amour
J’envoyai des lettres d’amour
aux cieux, aux vents, aux mers,
à tous les débordements
de l’univers.
Ils me répondirent
en lente
rosée d’amour
voilà pourquoi je les reposai
sur la découpe aride des sommets
comme sur une forêt de vents.
Il me naquit un fils d’océan.
Lorenzo Calogero  Peu de bruit

Reçu de Nanou Pradel




" Or que l'hiver roidit la glace épaisse,
Réchauffons-nous, ma gentille maîtresse,
Non accroupis près le foyer cendreux,
Mais aux plaisirs des combats amoureux.
Assisons-nous sur cette molle couche.
Sus ! baisez-moi, tendez-moi votre bouche,
Pressez mon col de vos bras dépliés,
Et maintenant votre mère oubliez.
Que de la dent votre tétin je morde,
Que vos cheveux fil à fil je détorde.
Il ne faut point, en si folâtres jeux,
Comme au dimanche arranger ses cheveux.
Approchez donc, tournez-moi votre joue.
Vous rougissez ? il faut que je me joue.
Vous souriez : avez-vous . point ouï
Quelque doux mot qui vous ait réjoui ?
Je vous disais que la main j'allais mettre
Sur votre sein : le voulez-vous permettre ?
Ne fuyez pas sans parler : je vois bien
A vos regards que vous le voulez bien.
Je vous connais en voyant votre mine.
Je jure Amour que vous êtes si fine,
Que pour mourir, de bouche ne diriez
Qu'on vous baisât, bien que le désiriez ;
Car toute fille, encor' qu'elle ait envie
Du jeu d'aimer, désire être ravie.
Témoin en est Hélène, qui suivit
D'un franc vouloir Pâris, qui la ravit.
Je veux user d'une douce main-forte.
Hà ! vous tombez, vous faites jà la morte.
Hà ! quel plaisir dans le coeur je reçois !
Sans vous baiser, vous moqueriez de moi
En votre lit, quand vous seriez seulette.
Or sus ! c'est fait, ma gentille brunette.
Recommençons afin que nos beaux ans
Soient réchauffés de combats si plaisants."

Pierre Ronsard   Amourette

Merci Nanou pour ce bel envoi ...
Le poème de Ronsard apparaît quand on ouvre la fenêtre " Souvenir ", et se déplie comme un Leporello ...

vendredi 4 mars 2016

Pour Gisèle Cribaillet



Mouette du lac
tu es oiseau ou poisson
selon ton humeur

Matsuo Bashô

Pour Fabienne Gonay


Il sommeille en chacun de nous un ange qui cherche ses ailes,
  Il s'émerveille en chacun de nous un enfant qui veut jouer à la marelle entre les étoiles,
  Il surgit en chacun de nous un cavalier pour chevaucher Pégase,
  Notre liberté, c'est l'esprit du vent et où ira le vent j’irais.

  Philippe Patat