lundi 4 avril 2016
Reçu de Gisèle Cribaillet
Trois allumettes une à une allumées dans la nuit
La première pour voir ton visage tout entier
La seconde pour voir tes yeux
La dernière pour voir ta bouche
Et l'obscurité tout entière pour me rappeler tout cela
En te serrant dans mes bras
Jacques Prévert
Merci Gisèle pour ce joli poème si bien illustré ...
dimanche 3 avril 2016
Pour Gisèle Cribaillet
Un chien bleu
Avec des poils gris.
Un chat gris,
Avec des yeux bleus.
Un mur blanc et chaud.
Le chat dessus, le chien dessous.
Et un oiseau s’amusant bien
Tout là-haut. Tout là-haut.
Ciel bleu. Terre grise.
Pour les vivants, point de surprise.
Le monde sera toujours ce qu’il est,
Comme le chien et comme le chat,
Comme l’autruche et le chameau,
Comme l’aube et le crépuscule
Et comme le rêve de ce bel été
Qui recule
Edmond Jabès Ciel et terre
Pour Yvette de Andres
Sous leurs jupons ensevelies,
Sarcophages lourds et mouvants
Bien peu d’entre elles sont jolies
Leurs visages sont décevants.
Les coiffes sont tant ajustées
Qu’on les croirait en vérité
Dans les figures incrustées
Par miracle d’hérédité.
Leurs cotillons en étagère
Superposent des tons divers.
Leur taille épaisse s’exagère
Dans les rubans jaunes et verts.
La broderie sur leur corsage
Étale tout l’or d’un sillon
Et la santé sur leur visage
Rutile et luit en vermillon.
On les tient pour des phénomènes.
Ambulantes curiosités,
Vous étonnez, ô Bigoudènes
Les amateurs d’antiquités…
Jeanne Neis-Nabert Silences brisés
Sarcophages lourds et mouvants
Bien peu d’entre elles sont jolies
Leurs visages sont décevants.
Les coiffes sont tant ajustées
Qu’on les croirait en vérité
Dans les figures incrustées
Par miracle d’hérédité.
Leurs cotillons en étagère
Superposent des tons divers.
Leur taille épaisse s’exagère
Dans les rubans jaunes et verts.
La broderie sur leur corsage
Étale tout l’or d’un sillon
Et la santé sur leur visage
Rutile et luit en vermillon.
On les tient pour des phénomènes.
Ambulantes curiosités,
Vous étonnez, ô Bigoudènes
Les amateurs d’antiquités…
Jeanne Neis-Nabert Silences brisés
Pour Michel Wagner
Des ciels gris de cristal. Un bizarre dessin de ponts, ceux-ci
droits, ceux-là bombés, d'autres descendant ou obliquant en angles sur
les premiers, et ces figures se renouvelant dans les autres circuits
éclairés du canal, mais tous tellement longs et légers que les rives,
chargées de dômes, s'abaissent et s'amoindrissent. Quelques-uns de ces
ponts sont encore chargés de masures. D'autres soutiennent des mâts, des
signaux, de frêles parapets. Des accords mineurs se croisent et filent,
des cordes montent des berges. On distingue une veste rouge, peut-être
d'autres costumes et des instruments de musique. Sont-ce des airs
populaires, des bouts de concerts seigneuriaux, des restants d'hymnes
publics ? L'eau est grise et bleue, large comme un bras de mer. - Un
rayon blanc, tombant du haut du ciel, anéantit cette comédie.
Arthur Rimbaud Les ponts
samedi 2 avril 2016
Reçu de Maryse Moussaron
Une découverte que je dois à Maryse: le recto-verso
L'enveloppe d'abord, très belle en soi ...
L'enveloppe d'abord, très belle en soi ...
fermé
ouvert
et pour le verso, on peut le lire de deux façons, fragmenté ou non
et pour le verso, on peut le lire de deux façons, fragmenté ou non
" Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !
Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers :
Les uns, joyeux de fuir une patrie infâme ;
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.
D'autres, l'horreur de leurs berceaux, et quelques-uns,
Astrologues noyés dans les yeux d'une femme,
La Circé tyrannique aux dangereux parfums.
Pour n'être pas changés en bêtes, ils s'enivrent
D'espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.
D'espace et de lumière et de cieux embrasés ;
La glace qui les mord, les soleils qui les cuivrent,
Effacent lentement la marque des baisers.
Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !
Pour partir ; coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s'écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !
Ceux-là, dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom !
..."
Et qui rêvent, ainsi qu'un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l'esprit humain n'a jamais su le nom !
..."
Charles Baudelaire (Correspondances) Le voyage dédié À Maxime Du Camp.
C'est superbe Maryse, une vraie découverte, Mille merci(s) à toi
Pour voir ce que Tara reçoit et ses appels, c'est là
Reçu de Piet Franzen Sidac
"...
Loin des sépultures célèbres,
Vers un cimetière isolé,
Mon coeur, comme un tambour voilé,
Va battant des marches funèbres.
Vers un cimetière isolé,
Mon coeur, comme un tambour voilé,
Va battant des marches funèbres.
..."
Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal Le guignon
Thanks Piet for this visual poetry
Plus d'infos sur : Sidac Studio
vendredi 1 avril 2016
Pour Nicole hulot
L'aurore en chaperon rose
brin de lune sur les talons
s'en allait offrir à la ronde
sa galette et ses chansons.
Mais le loup profile son ombre
avalant galette en premier.
Sauve-toi Chaperon rose
car c'est toi qu'il va croquer.
Matin gris matin mouillé
Que cette histoire est décevante
il faudra la recommencer.
Heureusement la terre est ronde
demain c'est le loup -peut-être-
le loup qui sera mangé.
André Hyvernaud
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