dimanche 5 juin 2016

Reçu de Roland Lefèbvre

plié

déplié


CI ENCOUMENCE LI DIT
DES RIBAUX DE GREIVE


Ribaut, or estes vos a point :
Li aubres despoillent lor branches
Et vos n'aveiz de robe point,
Si en avreiz froit a voz hanches.
Queil vos fussent or li porpoint
Et li seurquot forrei a manches !
Vos alleiz en estei si joint
Et en yver aleiz si cranche !
Votre soleir n'ont mestier d'oint :
Vos faites de vos talons planches.
Les noires mouches vos ont point,
Or vos repoinderont les blanches.




LE DIT
DES GUEUX DE GREVE


Gueux, vous voilà bien lotis !
Les arbres dépouillent leurs branches
Et vous n'avez pas de manteau ;
Aussi aurez-vous froid aux reins.
Que vous seriez bien dans un pourpoint
Ou un surcot à manches fourré !
Vous êtes si allègres en été
Et en hiver si engourdis !
Vos souliers n'ont pas besoin de graisse,
Car vos talons vous tiennent lieu de semelles.
Les mouches noires vous ont piquées,
Les blanches elles aussi vous piqueront.

Rutebeuf
(1230-1285).
Roland et ses merveilles habituelles, avec ce poème évocateur de Rutebeuf , dans ses deux versions, vieux français et contemporain....
Merci Roland

Reçu de Pascale Championnet


" ...
Le poisson scie
A des soucis
Le poisson sole
Ca le désole
..."
 Jacques Prévert



L'écriture ne se réduit pas à des lettres sur du papier.
C'est une façon de communiquer. C'est la mémoire d'un peuple.
Isaac Marion
  Merci Pascale ...

Reçu Isabelle Paillard




Un vol de tapenade
dans le soleil jaune de l’œuf
appelle les papilles

Isabelle Paillard

Une photo qui pourrait être banale si elle n'avait des allures de peinture contemporaine, voire de peinture japonisante ...
Par la grâce du haïku d'Isabelle P, l'ensemble devient très poétique ... merci Isabelle.

samedi 4 juin 2016

Reçu de Rosine Jouan


Noires et vives
corneilles en veille
attente des fleurs

Rosine Jouan

D'après " corneilles sur une branche de prunier l'hiver " de Shofu Kyosai

C'est superbe Rosine, merci pour cette belle participation

Reçu de Diane Bertrand





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Ce sont nos amis
sur le ruban
de la route
Ce sont nos rubis
dans la nuit
du doute
ce sont nos voix
dans le désert
du langage
C’est l’horizon
qui rougeoie
et son soleil
qui déçoit
Ce sont nos ombres
qui s’allongent
et nos conversations
qui se prolongent

Kamal Zerdoumi   Mots

Merci Diane pour cet envoi ...
Plus d'infos sur Diane ici : Art terre de poésie




Reçu de Manuel Xio Blanco





Thanks Manuel for this poetry and visual poetry....

jeudi 2 juin 2016

Pour Pascale Championnet



Un hareng que le Poète choisira gros - gros – gros
et même bouffi – bouffi – bouffi
une sorte de hareng – outang baraqué fitness
mais qu’il sortirait de sa saumure – mure – mure
avec délicatesse
pour le dévorer à pleins crocs – crocs – crocs
et satisfaire ainsi son appétit gros – gros – gros !
Un hareng bien choisi
qu’il accompagnerait d’un beau saumur – mur- mur-
champigny (cette fois-ci)
Un hareng excellent,
bouvard et bien rogué, et surtout bien éduqué,
un hareng qui ne viendrait pas pleurenichailler
en réclamant son beurre et le hareng de son beurre,
alors qu’on vient à peine de l’avaler !
Un brin de classe SVP Monsieur le Hareng prédigéré,
lui ferait remarquer le Poète, car on peut être
un hareng saur – saur – saur, sans perdre la tête
et devenir un hareng sourd – sourd – sourd
à toute forme de poésie !
Imaginez, en effet, que vous ayez terminé votre vie
dans les maudits filets d’un chalutier zhollandais
et que les pêcheurs de ce maudit pays
(des zhollandais eux aussi) après vous avoir zaccomodé
avec des zharicots lingots – lingots – lingots
(ou Zoizonnais) vous aient bâfré
cachés derrière les zhaies de leurs zozotis !

Et zozoti zozota ! Ah ! vous auriez bien plus mal fini
que dans l’estomac du Poète qui vous dégusta – ta – ta -  ta ! 

Jean – Pierre Verheggen     Poème avec hareng


Reçu de Maïna Querrer

Reçu de Maïna Querrer

Parfois on croit
qu'il n'y a plus d'oiseaux, 
c'est seulement
qu'on ne tend pas l'oreille
assez loin

Maïna

Merci Maïna pour ce très bel oiseau qui me regarde de travers avec un œil un peu coquin ....

mercredi 1 juin 2016

Pour Nicole Eippers



...
Estragon : Qu'est-ce que tu as ?
Vladimir : Je n'ai rien.
Estragon : Moi je m'en vais.
Vladimir : Moi aussi.
Silence.
Estragon : Il y avait longtemps que je dormais ?
Vladimir : Je ne sais pas.
Silence.
Estragon : Où irons-nous ?
Vladimir : Pas loin.
Estragon : Si si, allons-nous-en loin d'ici !
Vladimir : On ne peut pas.
Estragon : Pourquoi ?
Vladimir : Il faut revenir demain.
Estragon : Pour quoi faire ?
Vladimir : Attendre Godot.
Estragon : C'est vrai. (Un temps.) Il n'est pas venu ?
Vladimir : Non.
Estragon : Et maintenant il est trop tard.
Vladimir : Oui, c'est la nuit.
Estragon : Et si on le laissait tomber ? (Un temps.) Si on le laissait tomber ?
Vladimir : Il nous punirait. (Silence. Il regarde l'arbre.) Seul l'arbre vit.
Estragon : (regardant l'arbre): Qu'est-ce que c'est ?
Vladimir : C'est l'arbre.
Estragon : Non, mais quel genre?
Vladimir : Je ne sais pas. Un saule.
Samuel Beckett     En attendant Godot

Pour Nelly Zajda


Pour faire un poème dadaïste
Prenez un journal.
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l’article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
Copiez les consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.

Tristan Tzara

mardi 31 mai 2016

Réponse Activités périscolaires, Pour Jean Gaudin

Pour Jean Gaudin

L'ours blanc - c'est son droit -
n'aimait pas l'ours brun
qui le lui rendait bien.
Un chasseur, un matin, survint
et de trois balles de son vieux fusil
blessa sérieusement l'ours brun.

L'ours blanc en fut tout ému. Aussi
quand le chasseur voulut, la croyant morte
s'approcher de sa victime,

l'ours blanc bondit sur lui
et d'un seul coup de patte l'assomma.
L'ours brun, malgré sa douleur, sourit.
Et l'ours blanc s'en réjouit, se souvenant
qu'ils étaient frères.
Plus tard, ils dévorèrent, à eux deux,
l'aventureux chasseur malchanceux.



Edmond Jabes      L'ours blanc et l'ours brun

Réponse Activités périscolaires, Pour Emilien Allard-Collin

Pour Emilien Allard-Collin



Le rhinocéros est morne et

il louche vers sa corne.

Que veut le rhinocéros ?

Il veut une boule en os.

Ce n’est pas qu’il soit coquet :

c’est pour jouer au bilboquet.

Car l’ennui le rend féroce,

le pauvre rhinocéros.



Claude Roy     Le Rhinocéros